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mercredi 28 mai 2008

Le Kangchendzonga trek...

... c'est marcher pendant 8 jours pour atteindre un col, le Goecha La, qui est censé offrir des vues sensationnelles du Kangchendzonga, matricule numéro 3 des montagnes les plus hautes.


... c'est d'abord aller en compagnie d'Ivo et Marion à Gangtok, la minuscule capitale du Sikkim, minuscule état coincé entre le Népal, le Tibet et le Bhoutan. Car zone frontalière oblige, il faut des permis et la solution la plus pratique est de passer par une agence sur place.

gauche à droite : porteur, ami de notre guide, guide, horseman, cuisinier

... c'est aussi faire vivre tout un petit monde pendant 8 jours. L'arrangement habituel avec une agence comprend un guide, un porteur, un cuisinier, un horseman et 3 chevaux, rien que ça! En plus de faire tourner l'économie locale, ça permet d'avoir un excellent repas trois fois par jour grâce à notre excellent cuisinier et de voyager dans un confort relatif : matelas de camping d'un centimètre d'épaisseur qui casse le dos, mais seulement les affaires personnelles à porter pendant la journée!


... c'est partir à 1800m et admirer la végétation et ses changements, de la jungle touffue et humide, remplie de fougères, bambous et lianes, jusqu'à une zone quasiment sans vie, avec au plus quelques brins d'herbes, des mousses, surtout de la neige - et quelques oiseaux qui ont eu l'étrange idée d'aller vivre là haut!


... c'est se coucher à 20h pour se lever vers 6h en général. Ou plutôt vers 4h lorsqu'on veut voir le lever du soleil. Et carrément à 2h30 lors de la grande étape!


... c'est espérer que personne n'aura le mal des montagnes. C'est aussi respirer de l'air de plus en plus fin et sentir son coeur battre à fond pour un effort qui était raisonnable la veille.


... c'est passer des après-midi entières après à la marche, à ne rien faire, à passer le temps comme on peut, à coup de discussions, d'énigmes, puis avec un jeu de carte à moitié complet qu'on a trouvé parsemé autour d'un campement. Au dessus de 4000m, c'est passer une bonne partie de ce temps emmitouflé dans son sac de couchage à cause du froid de canard ambiant.


... c'est complètement exulter une fois arrivé au col, devant ce panorama bleu-blanc-noir à couper le souffle. C'est une impression qui dépasse les mots.


... c'est top!

Souvenirs du Népal

Mieux vaut tard que jamais, j'écris quelques souvenirs de mon voyage en mars au Népal. Le menu était : 3-4 jours de marche dans la région de Pokhara, puis une visite de Kathmandou et ses alentours.

Après un très long voyage, dont un pot-de-vin pour l'officier indien à la frontière qui se fait régulièrement remplir la poche par les porteurs de visa d'étudiants, je suis arrivé à Pokhara où m'ont rejoint un peu plus tard mes 2 compagnons de voyage, Cyril et Frédéric (pas le Frédéric du "mariage", un autre!). La première impression de ce pays était plus que positive : les gens sont globalement plus sympas et souriants, et les marchands sont moins ostensiblement intéressés par le portefeuille du client que leurs collègues indiens. L'atmosphère des magasins est plus relâchée et la conversation est plus facile!

Petit plaisir à Pokhara : un vrai steak!!

Pokhara est le tremplin pour le massif de l'Annapurna, un des "8000" de cette planète. C'est aussi le paradis du shopping pas cher pour l'équipement de montagne. On ne compte même pas les magasins vendant des vestes North Face et des coupe-vent Mammut, tous faux évidemment, mais les occasions valent largement la peine!

Vue sur les montagnes depuis une pagode


Nous avons marché 3 jours et demi dans l'"Annapurna Conservation Area Project". L'entrée est payante et l'argent paraît très bien réinvesti : les chemins sont en excellent état, les villages fraîchement peints et les maisons solides. La zone accueille des visiteurs par milliers. En conséquence, on y trouve tout ce qu'il faut : des guest houses à intervalles réguliers, des spaghettis carbonara au resto, du apple pie pour le goûter, des bières pour fêter la fin de la journée et bien entendu la gamme des soft drinks. Les guides népalais ont donc affublé le tour de l'Annapurna du nom "Coca-Cola trek"! Mais nous étions prévenu, donc pas de mauvaise surprise, et le plus important était là : des paysages merveilleux et une météo quasi parfaite.

1er jour : on vient de quelque part là au fond!


Comme on avait peu de temps à disposition, il fallait beaucoup marcher, donc le premier jour était bien rude, avec 2000m d'ascension. En altitude, la grande surprise était les rhododendrons. De très nombreux arbres étaient en fleurs, certains d'entre eux dépassant la dizaine de mètres. Les teintes variaient en fonction de l'altitude du blanc au rouge en passant par le rose. Le matin du second jour m'a offert un des plus beaux levers de soleil qui m'aient été donné. Après un lever matinal, on a assisté au spectacle en compagnie d'une bonne centaine d'autres marcheurs... La vue sur le Dhaulagiri, autre membre du club des 8000 était particulièrement magnifique.

Le Dhaulagiri

L'équipe

Le reste du trek nous a offert d'autres belles vues, avec sur la fin de très méchantes courbatures pour l'apprenti sorcier que je suis et qui courait plutôt que de marcher dans les descentes! Ces mêmes courbatures m'ont suivi jusqu'à Kathmandou...

Rhododendrons + Annapurna

Kathmandou, la capitale, est une grande ville avec un quartier touristique, hum... hypertouristique! Je n'avais jamais vu autant d'hôtels entassés les uns sur les autres. Ayant passé quelques mois en Inde auparavant, je pensais que les rues indiennes étaient les plus peuplées de temples et autres éléments religieux. Lourde erreur! A chaque coin de rue et dans chaque cour intérieure se cache un temple hindou, une stupa bouddhiste ou une simple statue de Ganesh!

Durbar Square de Kathmandou

Aux alentours, nous avons visité Bodnath, qui abrite la plus grande stupa du monde, et Patan, où se trouve entre autres un musée génial sur l'hindouisme et le bouddhisme au Népal. Ne le manquez pas si vous passez par là!

Stupa de Bodhnath

Sur ce, l'aventure s'est achevée, avec la même pensée en tête que celle qui nous hantait dès le début du trek : que fera-t-on lors du prochain voyage au Népal?