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dimanche 3 février 2008

La pierre, la paresse et le paradoxe

Comme promis, voici quelques mots (moins cette fois :) ) sur mes fins de vacances d'hiver.

Hampi, petit village dans le Karnataka, est l'ancienne capitale d'un empire qui croulait autrefois sous l'or, mais renversé il y a près de 500 ans. Les ruines sont omniprésentes et le décor rocheux est incroyable. C'est maintenant essentiellement une station touristique, le village a perdu de son authenticité et a maintenant ce vernis touristique qui rend les promenades dans les rues moins intéressantes. Mais les ruines valent largement le détour et il faut des vacances entières pour toutes les voir (les archéologues n'y ont pas fini leur boulot!). Re-mais, l'attrait irrésistible du lieu se trouve dans la nature. Juste la nature. Le décor est incroyable, je n'avais jamais imaginé que quelque part, Dame Nature s'était amusée à saupoudrer d'immenses blocs de pierre à perte de vue. Si bien que l'endroit est étendu, trop étendu pour trois jours et qu'on rêve d'y retourner aussitôt qu'on l'a quitté.


Ensuite, route pour Goa. Goa, petit état à 600 km au Sud de Mumbai, est la Mecque de la fête en Inde. Des gens des quatre coins de l'Inde et du monde y convergent pour fêter le nouvel An. En entendant ça, on se fait tout plein d'images : on croit arriver sur la Côte d'Azur, avec des plages blindées de chaises longues, de parasols et de touristes. Et bien oui et non.


Pour nous, non. Agonda Beach, où j'échouai avec Wassim et Sophie, est un véritable océan de calme. La plage est presque vide. On dort dans des huttes à 10 mètres de la plage et seul le bruit des vagues y berce le sommeil. Tout simplement, l'endroit de rêve pour ne rien faire après avoir tant fait. L'endroit où on se dit, couché sur la plage, qu'on va y revenir à 30 ans avec un petit pécule pour ouvrir une guesthouse dans un coin paumé et se la couler douce.


Mais trêve d'inactivité, il est 16h, c'est le 31 et il faut se bouger pour le réveillon. Aussitôt dit, aussitôt fait : on passe 6 heures dans les transports, à travers 3 bus et une jeep, pour rallier Baga Beach, du côté Côte d'Azur de Goa. Sur la plage, c'est la folie, des milliers de gens à droite, des milliers à gauche ; des centaines de feu d'artifices à droite, autant à gauche. Et dans cette atmosphère électrique, 2007, si intense nous file déjà entre les doigts et cède la place à 2008, pleine de promesses.


Puisqu'on aime ça et qu'on en a besoin, on se prescrit un jour de farniente de plus avant d'attaquer la dernière étape, Mumbai. 16 millions d'habitants. 8 millions dans des bidonvilles, il paraît. Mais on la voit peu, cette moitié, refoulée hors du centre, qui se laisse juste apercevoir depuis le train. Mumbai, ville des contrastes : un hôtel hyper-luxueux, une université dans le style British qui jouxte un quartier populaire grouillant de vie ; une promenade bien entretenue sur la rive, une plage, aussi ; des rues, très nombreuses, avec des immeubles délabrés, noirs, jamais rénovés ; des immeubles à nouveau, mais cette fois presque des gratte-ciels ; des quartiers chics avec de belles voitures et des parcs bien entretenus ; des odeurs, plein d'odeurs, et un air saturé ; ni vaches ni de rickshaws au centre ville ; le cinéma le plus cher qu'on ait vu ; mais encore, toujours, cette moitié qu'on ne voit pas, mais qu'on oublie pas.

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