Voici enfin des nouvelles de mon week-end à Agra! Après 4 heures de train (pour moins de 200 km...), quelques batailles de criquet dans le wagon, on arrive à destination. A l'hôtel, j'ai la chance d'avoir la chambre climatisée. Puis vient l'éternel dilemme : ne pas dormir à cause de la chaleur, ou bien ne pas dormir à cause du bruit de tracteur en marche de la clim'. Avec Wassim (mon coloc') on opte pour le tracteur...
Le matin, bonne nouvelle : on apprend que l'entrée au Taj Mahal est gratuite toute la journée, en l'honneur du 357e anniversaire

de la mort de Shah Jahan, l'empereur qui a fait construire le Taj. C'est une grande fête musulmane, donc l'endroit était bien peuplé, avec des saris de toutes les couleurs, de la musique et des processions. Je vais laisser les
photos parler du monument, mais je vous raconte quand même la petite histoire : le Shah Jahan a fait construire ce mausolée en l'honneur de sa deuxième femme décédée, Mumtaz Mahal. A ce qu'il paraît, le bougre avait le coeur tellement brisé que ses cheveux sont devenus gris en une nuit. Malgré cela, il a quand même dû trouver un architecte pour faire construire ce mémorial. Vu son état, il ne voulait pas être déçu du résultat ; ainsi, la fin justifiant les moyens, il a fait tuer la fiancée de l'architecte afin que l'artiste ait les mêmes sentiments que lui! Véridique ou pas, le résultat est fabuleux.
Mais ça ne s'arrête pas là : maintenant que vous commencez à connaître le goût des grandeurs de Shah Jahan, vous aurez deviné qu'il voulait son propre mausolée, de l'autre côté de la rivière Yamuna qui borde le Taj Mahal. Mais son fils Aurangzeb, par qui il a entre temps été emprisonné dans son propre fort à Agra, n'était pas du même avis et probablement un peu plus radin que son paternel. Il a donc mis le tombeau de son père à côté de celui de Mumtaz Mahal, brisant la symétrie parfaite du mausolée...
A la sortie du Taj Mahal, je retrouve les marchands qui sont devenus mes amis avant que j'y rentre (curieusement, en 5 minutes, je suis tombé sur 2 commerçants qui avaient soit de la famille, soit une connaissance à Genève...). Après s'en être extirpé, on part pour une balade sans but dans Agra, qu'on nous a présentée comme étant une ville moche et inintéressante en dehors de ses monuments. Pourtant, on se perd dans un quartier indien très sympa. En 2 heures, on ne croise pas le moindre touriste et les marchands ne nous harponnent même pas, signe qu'on est dans un marché pour indiens. Chacun se fait néanmoins suivre par un fan club d'enfants qui ne savent dire que "Hello!" et qui demandent un peu d'argent, chose sans doute familière pour ceux qui ont déjà voyagé en Asie du Sud! Un peu plus tard, on fait connaissance avec un jeune Indien qui nous propose de nous ramener à notre hôtel. 45 minutes de marche tout de même!
Depuis le toit de notre nouvel hôtel, on a une vue très sympa sur le Taj Mahal et après quelques bières achetées dans des circonsta

nces douteuses, on décide de se lever à 5h30 pour admirer le lever du soleil depuis l'hôtel. Après un nouveau petit dodo, on part pour le Red Fort d'Agra. La majeure partie du lieu est en pierre rouge, mais à l'époque, le tout était couvert de peintures et de dorures qui devaient rendre l'endroit sublime. Mais le guide nous répète 3-4 fois que les Britanniques ont tout brûlé en passant par là. La partie en marbre blanc, ajoutée au complexe par le même Shah Jahan, est splendide, regardez les photos!
On traverse la Yamuna pour la dernière visite : un autre mausolée, surnommé le Baby Taj. Il a bea

u être petit, mais il est charmant et très calme, contrairement aux rues d'Agra qui sont joyeusement désordonnées et agitées. On fait joujou avec les écureuils et on regarde les jeunes qui s'amusent comme des petits fous dans la rivière, histoire de reprendre son souffle! Le retour en rickshaw était sympa : sur le pont bourré d'ornières qui enjambe la Yamuna, le rickshaw devant nous décide de faire demi-tour et provoque un énorme bouchon et un festival de klaxons. Les boeufs qui tirent les attelages ne perdent par contre pas un iota de leur flegme... Une fois l'obstacle franchi et quelques raccourcis improbables empruntés, le chauffeur s'arrête à la mauvais gare, évidemment, et en profite pour nous faire allonger quelques roupies en plus pour arriver à bon port.
En arrivant à la (bonne) gare, on apprend qu'en fait, nos billets sont sur liste d'attente, ce qui signifie "pas de place assise!". Ainsi la majeure partie du voyage se passe debout, mais sinon, rien de plus terrible!
C'était un week-end magnifique et en revenant, je n'avais pas encore vraiment réalisé que j'avais visité le Taj Mahal, c'est une sensation assez bizarre et difficile à décrire...
Programme de ce week-end : courses, suite de la visite de Delhi et (ceux qui m'ont déjà vu nager vont rire), compétition inter-hostels de water-polo!! Eh oui, j'ai appris ce midi que j'étais gardien pour la demi-finale de demain, après UN vaillant entraînement la semaine passée......