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samedi 24 novembre 2007

Delhi : ambassade et adieux

Quel est l'avantage de connaître des Français à Delhi? A part les amusantes imitations de l'accent suisse et les critiques assassines de Bayrou, ça permet aussi de s'incruster à l'ambassade française. A l'occasion par exemple d'un match de rugby ou d'une visite de ministre. Début novembre, c'est Valérie Pécresse qui faisait une visite officielle en Inde et qui est venue à l'ambassade de Delhi. Le discours était... hum... politicien, pas mauvais dans le genre, mais bourré de phrases inoffensives qui ne choqueraient même pas un étudiant français de sciences po...


Encore plus qu'au match de rugby, l'atmosphère nous faisait bizarre. La mer de costumes et l'ambiance ambassado-ministérielle qui nous étourait bien loin de notre vie iit-ienne. Mais pourquoi alors me suis-je pointé là-bas? Simple comme bonjour : pour manger non-épicé et gratuit! OK, c'est pas la raison la plus noble qui soit... Mais si je vous dis que je n'avais pas mangé de thon et de jambon depuis plus de 3 mois, ça change un peu la donne, non ? ;o)

Après quelques kilos en plus dans l'estomac et un lendemain au régime léger, après l'arrivée d'un nouveau francophone, doctorant d'origine tunisienne et chercheur en France, après quelques visites à Delhi, quelques jolis achats et la fête hindoue de Diwali (surtout fêtée en famille, comme Noël), le prochain grand événement était le départ de Nico. Eeeeh oui, après déjà 3 mois et demi de voisinage, l'heure du départ sonnait pour lui.

Chose promise, chose due, Antonin et moi nous sommes pointés le soir pour une photo-souvenir mémorable avec Nico et Sanjeev, notre garde préféré...... tous en moustache!


Vos impressions le plus franches seront accueillies avec la plus grande humilité dans la rubrique commentaires! :o)

Ensuite, un bon resto (avec un énorme Full Butter Chicken), une remise d'un plateau-souvenir de thali (plat indien avec un peu tout à la fois) chipé au mess mais superbement décoré avec des souvenirs aussi émouvants qu'un gobelet de Nescafé, une photo du rat de notre hostel, des bidies, des allumettes et une collection des phrases les plus marquantes de l'équipe.


Après, en quelques mots, suite de l'apéro à l'IIT, bon moment entre amis, quelques pétards pour fêter tout ça, trop bruyants pour les gardes contents de réaliser une belle saisie et faire marcher la hiérarchie, une fin de soirée bien raccourcie au Nescafé, un taxi pour l'aéroport, dernières paroles, dernière chanson.

Puis 30 minutes de sommeil pour aborder une nouvelle journée, avec un élément valeureux du bataillon manquant.

Nico, avec toi, c'était bueno !

jeudi 22 novembre 2007

Désert, chameaux et motos

En Inde, les jours se suivent mais ne se ressemblent pas! Depuis mon dernier article, bien des choses se sont passées. Entre autres, 10 jours de voyage au Rajasthan, la visite de Valérie Pécresse à l'ambassade français, la fête indienne de Diwali, l'arrivée d'un nouveau francophone, quelques visites à Delhi, le départ de Nico et un week-end à Pushkar où se déroulait la foire aux chameaux. N'ayez pas peur : pas d'article-mammouth en vue, je prendrai les sujets les uns après les autres.

Rajasthan, donc. A grande région, grand article néanmoins : l'état fait 8 fois la Suisse.

Wassim, Nico, Antonin et moi sommes partis à la mi-octobre pour le soi-disant mid-semester break suivant les minors tests 2. En français, 4 jours de congé qu'on a un peu rallongé. J'ai rejoint les 3 joyeux drilles à Jodhpur, la "ville bleue". La ville est touristique, mais pas trop : on se perd facilement dans les petites rues désordonnées qui forment la vieille ville et qui attirent moins le touriste que le must see de la ville : le Meherangarh, fort commencé au 16e siècle, siège des Rajputs et des maharadjahs, perché sur sa colline rocailleuse et jamais violé par l'ennemi en 500 ans.


Pour la petite histoire, il y a toujours un maharadjah à Jodhpur, qui se consacre maintenant à la culture et à la sauvegarde du patrimoine. Sa fille a étudié à Londres et a dit à son papa : "Ici, dans les musées, les audioguides sont géniaux." Raison suffisante pour en installer un dans le fort. La qualité était au rendez-vous : en dehors du fort lui-même, plein d'anecdotes sur les Rajputs, les seigneurs de l'époque qui devaient choisir entre la victoire où la mort sous peine de trouver porte close en revenant, la consommation d'opium à l'époque, les alliances avec les empereurs moghols et bien d'autres. Pour la suite, il vaut mieux regarder les photos!

La prochaine étape était le safari en chameaux à Osiyan, non loin de Jodhpur. Résumé en quelques points de ces 2 jours à 4 pattes, avec un compagnon à 2 pattes en plus, Tim l'Allemand.


1) Ces bébêtes n'ont qu'une seule bosse, mais par confort, je les appelle chameaux.
2) On était dans un "demi-désert" : la végétation sèche était partout présente, par endroit il y avait même des champs quasi-verdoyants. Ce n'était pas plus mal : tantôt on était au milieu de nulle parts et tantôt on voyait les paysans travailler, les villages et les maisons en torchis.
3) Ces bébêtes sont... hautes! Même après 2 jours et de nombreux démarrages, c'est toujours aussi impressionnant quand la machine se met en marche et nous balance d'avant en arrière.
4) En octobre au Rajasthan, il fait encore plus de 30 degrés la journée et au soleil, on rôtit doucement, mais rôtit quand même! Crème solaire indice 50 et turbans étaient de mise!
5) Ces bébêtes font mal au derrière, et après 2 jours, on se dit que c'est juste ce qu'il fallait!


Après un crochet par Jodhpur, on entame le gros morceau : un grand tour en moto pour visiter Jaisalmer, Bikaner et Nagaur. La prise en main était moins pénible que dans les montagnes : j'ai commencé sur une moto toute neuve, à peine rodée, avec de l'électronique en prime! L'autre moto était une Enfield à l'humeur plus variable, mais pétaradante à souhait. Les routes au Rajasthan sont dans un état étonnamment bon : marquage au sol, pratiquement pas d'ornières et largeur de correcte à confortable. Le contraire de la Spiti Valley! Quant au désert, c'est tout le paradoxe indien résumé en quelques grains : à la fois on est au milieu de nulle part, à la fois il y a toujours quelqu'un pour sortir de nulle part et pour travailler dans les champs venir nous parler.


La première étape avant Jaisalmer était Phalodi, la ville maudite : ville-fantôme dès la tombée de la nuit, hôtels chers et sales, un seul boui-boui dans toute la ville pour souper. C'est là-bas que Nico s'est retrouvé avec la jambe coincée dans une rigole au contenu peu ragoûtant. Je vous laisse trouver la photo correspondante... Après avoir fait tous les hôtels de la ville, on prend le moins cher vu que tous les établissements budget sont crades de toute façon. Ils nous promettent de nettoyer pendant notre repas, ce qu'il ne font évidemment pas... Ce soir-là on a touché le fond.



Le lendemain, après quelques lignes droites de plusieurs kilomètres comme elles n'existent pas en Suisse, on arrive à Jaisalmer. Sur la colline au milieu de la ville on voit comme un immense château de sable : les bastions semblent être des pâtés de sable construits avec un seau, comme à la plage. La vue depuis les terrasses évoque Aladin ou les Mille et Unes Nuits. La ville abrite des vieilles maisons aux balcons richement taillés, les havelis. Dans la citadelle se trouvent un palais que nous n'avons pas visité, deux temples jaïns aux sculptures époustouflantes et d'agréables petites rues débouchant sur les bastions qui offrent une vue imprenable sur la ville. Bref, l'endroit est un must. C'est donc également Touristland, ou plutôt le pays des Touristes Français : le Rajasthan est une destination de prédilection des Français et les marchands se sont adaptés. On se fait ainsi plus haranguer en français qu'en anglais et les phrases sont parfois évoluées : "Bonjour Missieur!! Entrez, le shopping c'est bon pour la santé!". Malgré cela, la ville est à ne pas rater!


Après un jour et demi passés dans la ville jaune, nous sommes partis vers Bikaner. L'étape est assez longue et on décide de ne pas prendre la grande route. Pas de chance : la région était proche du Pakistan, l'endroit est bien militarisé et surveillé et certaines routes sont interdites aux étrangers, ce qui nous a valu un aller-retour de 100 bornes pour rien... Après quelques péripéties en fin d'étape (le phare avant de la Enfield a lâché...) et l'arrière-train endolori, on arrive à Bikaner, la ville de la poussière. Il y a un palais et un temple jaïn plutôt sympas, mais ce sont surtout les marchés qui nous ont séduits : le marché aux légumes est superbe et le coin des teinturiers vaut le détour. Après à nouveau un jour et demi, on part pour l'objectif qui a justifié le détour par Bikaner, ville moins touristique.


Le temple des rats.

Oui, vous avez bien entendu. Pour les oreilles sensibles, c'est le Karni Mata Temple. Un mythe plutôt obscur explique que les rats y soient vénérés et que ce soit un lieu de pèlerinage. On dit que manger de la nourriture couverte de salive de rat apporte la bonne fortune... Le sol était terriblement sale, mes pieds ont viré du blanc au noir et la puanteur était pénible, carrément difficile à supporter pour certains. Les âmes insensibles peuvent cliquer ici pour avoir les images sans l'odeur! L'hindouisme est une religion étrange, très étrange... dont bien des aspects me resteront incompréhensibles.


Prochaine étape, Nagaur. On y va pour le très vieux fort dont le travail de restauration a été primé par l'Unesco. Ce n'est pas époustouflant comme le Meherangarh, mais l'enceinte s'étend largement et respire le calme : on l'a pour nous tous seuls! Pas le moindre touriste, mais des serveurs qui préparent une fête privée en vue de la soirée. Après la visite,puisqu'il faut aussi manger, on trouve un resto au rapport qualité/prix imbattable, on dort, et on part pour la dernière étape, le retour à Jodhpur après 1'100 kilomètres sur 2 roues, où un train nous attend dans la soirée. En remplacement des chips et autres samosas habituels, on prend à l'emporter le meilleur poulet qu'on ait trouvé en Inde pour un repas de maharadjas dans le wagon Sleeper du Mandore Express qui nous ramène à Delhi!


Parce pendant ce temps-là, la vie étudiante continue sur la planète IIT qu'on a quittée et oubliée depuis bien des jours...

samedi 13 octobre 2007

Rendezvous avec les montagnes

Bonjour les internautes,

Après un mois sans rallonger ces colonnes, vous vous demandez peut-être si la nourriture indienne n'a pas eu raison de moi, ou bien si une coupure de courant paralyse l'IIT depuis plusieurs semaines. Eh bien ni l'un ni l'autre! La nourriture indienne est (dans les restos, précisons...) toujours excellente, celle du Tibet aussi, suffisamment pour que je prenne en général 2 plats en guise de menu! Suis-je allé au Tibet, vous interrogez-vous? Non, mais je suis allé chez les Tibétains!

Il y a 2 semaines, je suis parti avec Wassim, Ivo, Anaïs et Sanjay (un pote indien) en direction des montagnes. Eh oui, il faut profiter d'y aller tant que c'est pas trop froid : côté froideur, les températures himalayennes n'ont rien à envier aux températures alpestre! L'objectif était donc : Dalhousie et McLeod Ganj. Cette fois, pas de rapport long comme je les aime, mais une "BD"! Donc regardez votre main qui tient la souris, détendez votre épaule, amenez le pointeur sur le lien coloré ci-dessous et d'un ferme mouvement de l'index, cliquez dessus! Puis lancez le diaporama, et lisez! (cliquez ici!)

Néanmoins, ce voyage n'était pas ma seule activité non-cérébrale de ce dernier mois. Entre diverses escapades à Delhi dont j'ai ramené quelques photos, je mentionnerai le "Rendezvous". Qu'est-ce donc?

1) C'est un mot français, ce qu'aucun Indien ne savait...

2) ... mais c'est surtout LA grande fête estudiantine de l'IIT. Ca se passe sur 5 jours, avec plein d'événements tels que : compétition inter-College (prononcer "kalidj") de danse, compétition de rock, défilé de mode (également sous forme de compét', les Indiens aiment beaucoup ça...), concert de musique classique indienne, "mini-golf" (c'est à dire un "parcours" 1 trou(s) avec environ 2 mètres d'herbe synthétique en forme de L), karting, un endroit pour danser avec de la musique dès 11h du mat', soirée disco avec admission seulement en couples, et, pour finir en apothéose, concert d'une star de la chanson indienne! A priori, une fête d'étudiants comme une autre, avec des compétitions en plus, l'alcool en moins, et une durée conséquente (on nous a même donné en cet honneur un jour de congé!!).

Mais, vous ne l'avez pas oublié, c'est en Inde. Pas mal d'étudiants viennent d'un milieu rural, d'autres, même venant de villes, n'ont jamais eu l'occasion de faire la fête le soir. Ainsi, l'événement est tout sauf anodin pour la plupart, et surtout pour les freshers (i.e. les nouveaux étudiants) et c'est parfois la première fête à l'occidentale (sans guillemets cette fois!) à laquelle ils participent. Il faut aussi noter que ça a du succés et que beaucoup d'étudiants d'autres écoles y viennent, si bien que les étudiants en médecine, jaloux, ont organisé une contre-fête pour garder leurs étudiants chez eux. A ce qu'il paraît, les IIT-iens n'y sont pas bienvenus. Néanmoins, c'est une bonne solution pour continuer la soirée.

Pourquoi continuer? Parce que, moeurs et/ou législation obligent, la fête se terminait tous les jours à 22 heures... Un soir la police est même venue pour s'assurer que ça se termine à l'heure. Et pour cela, l'organisation avait une ponctualité tout à fait helvétique!

vendredi 14 septembre 2007

En moto vers la Spiti Valley

Pas le temps de traîner après les minors tests : il y a 10 jours, lundi à 17h, s'achevait mon dernier examen. A peine 4 heures plus tard, j'embarquais avec Wassim, Ivo, Fred et Antonin dans le bus "Deluxe" qui nous emmènerait en 15 heures vers Manali. Cette ville à 2000 mètres d'altitude au fond de la Kullu Valley est une destination de prédilection des rastas, hippies et autres backpackers, ainsi que des adeptes d'activités en plein air : rafting, pêche, escalade, ski en hiver et bien d'autres. Notre but était différent : louer des motos et accomplir un aller-retour vers la Spiti Valley en 4-5 jours.


Après quelques pérégrinations, des dizaines et des dizaines de touristes aperçus (pourtant ce n'était pas la haute saison...) et à peine moins de vendeurs de tablas (sorte de tambourins indiens ; "Hello my friend! Do you want drums? Vely cheap, good qvality!"), nous avons trouvé des motos pour le lendemain (Yamaha RX100). Le matin, impatients comme des gamins, on prend les motos et après une prise en main... approximative, on attaque notre première étape : le Rohtang Pass, c'est-à-dire 2000 mètres d'ascension pour atteindre 4000 mètres d'altitude, puis redescendre et trouver un gîte pour la nuit suivante.


La route qu'on emprunte est la fameuse route de Manali à Leh (470 kilomètres). C'est la seconde route carrossable la plus haute de monde grâce à son col à 5328 mètres, et son rôle est d'alimenter une grande partie de la région Jammu et Cachemire, dont le Ladakh. Et pourtant, n'allez pas croire que c'est une autoroute : nombreux sont les segments qui ne sont pas goudronnées ou qui ont été goudronnés jadis mais entre temps complètement défoncés par les camions. La route est donc en permanence entretenue, ou plutôt reconstruite : tant que la neige n'empêche pas l'accès, des dizaines de personnes y travaillent continuellement dans des conditions terribles. On y casse les pierres à la pioche, le goudron est chauffé dans des bacs sur la route elle-même et dégage un nuage de fumée noire si épais qu'on ne voit plus le ciel. Puis les ouvriers le répandent sur la route après l'avoir amené en courant dans de petites brouettes et en évitant les véhicules impatients qui slaloment entre les portions de route en travaux. Bien évidemment, aussitôt qu'un secteur est fini, les bus et les gros camions empruntent directement les mètres refaits uniquement en surface. De là, l'entretien permanent n'est plus très étonnant...


Cependant, après le Rohtang Pass, ses yaks et son hamburger le plus haut du monde (enfin, le mien), c'est une autre route qui va nous amener à la Spiti Valley, cette fois-ci sans un pouce de goudron pour les prochains 70 kilomètres à travers la Lahaul Valley. À la croisée des chemins, il se fait un peu tard et dans le minuscule bled s'y trouvant, on nous dit qu'il n'y a pas moyen de dormir sur les 30 prochains kilomètres de route. Sachant que le soleil se coucherait dans une bonne heure et que sur certains tronçons, notre moyenne ne dépasse pas les 15 km/h (cf. les photos pour comprendre), on est un peu embêtés. Finalement on conclut que l'Indien se fout de nous et veut nous faire dormir chez lui ou chez un pote, et on repart en espérant trouver un toit avant la tombée de la nuit. Heureusement, Chhatru, le bled 17 km plus loin se révèle presque aussi minuscule, encore plus paumé, mais plus hospitalier.


On y rencontre une Allemande qui nous conseille de rester dormir dans la daba. Voyant la nuit tomber très vite, on s'y installe. La sympathique dame est une retraitée qui est partie il y a un an vivre en Inde après avoir fini de travailler. Elle a passé 4 mois à Dharamshala (le refuge des Tibétains et du dalaï-lama), s'est convertie au bouddhisme et a vécu une véritable "renaissance" : sa vie n'a jamais été aussi intéressante qu'en Inde. Ses explications sur la santé physique et mentale de vieilles dames dans une gompa (monastère bouddhiste tibétain) pour personnes âgées, qui la plupart du temps ne possèdent rien du tout, lui ont fait marquer quelques points dans sa critique de la mentalité consumériste occidentale.


Après à peine 3 heures de sommeil, à cause du matelas d'environ 5 centimètres d'épaisseur et du froid (on est tout de même à 3700 mètres d'altitude), je profite de me balader à travers les rochers avant le lever du soleil. La Lahaul Valley est moins accueillante que la future Spiti Valley : il y fait moins beau, les couleurs gravitent exclusivement autour du gris et les cailloux y sont énormes. On sent qu'on est dans quelque chose de plus gros que les Alpes : un fleuve plus large et bien plus tumultueux que le Rhône au Valais y coule, les massifs aux alentours en imposent et par endroits, la vallée s'élargit sur plusieurs kilomètres et on se dit que l'endroit est trop grand pour les hommes. Cela dit, malgré la froideur des lieux, le décor est saisissant et superbe.


Dernière étape avant notre but : le Kunzum Pass, à 4500 mètres d'altitude. La route y est belle et difficile. Après de nombreux lacets, on aperçoit enfin la Spiti Valley. Le changement de couleurs est déroutant : alors qu'on roule encore dans le gris, les montagnes au loin sont jaunes, brunes, beiges et ocres, bizarrement striées, comme si on y avait passé un peigne géant. Désormais habitués à l'Inde, on ne s'étonne qu'à peine de la présence d'un temple sur le col.


Après une descente difficile, quelques photos et le pneu crevé d'Ivo, on arrive dans le prochain village (i.e. plus grand que bled), Losar, en espérant trouver de l'essence. Eh oui, c'est beau de rêvasser, mais les motos n'avancent pas toutes seules! Il était clair que malgré les jerricans, nous n'aurions pas assez de réserves pour effecture l'aller-retour. On arrive assez vite à la conclusion que le village n'a pas la moindre goutte de pétrole à offrir. A cause de la crevaison, on se sépare en deux groupes, l'un pour la réparation (Wassim, Ivo et Antonin) et l'autre pour le ravitaillement (Fred et moi). Après le partage de nos dernières réserves d'essence, je repars avec Fred pour une soixantaine de kilomètres en direction de Kaza, où nous attend gentiment une station-service.


La route est fabuleuse, cependant on ne doit pas traîner pour arriver avant la fermeture. Tout se passe bien jusqu'à quelques pertes de puissance de moto : de temps en temps, plus aucune patate, et je dois redémarrer en espérant que ma bécane daigne accélérer. Pourtant, il y a encore de l'essence dans mon réservoir, donc on se met à craindre le problème mécanique qui pourrait sérieusement nous retarder (sans parler de l'absence de réseau pour téléphones dans toute la vallée qui nous empêche de communiquer). Malgré l'absence ponctuelle de puissance, j'arrive heureusement à continuer en légère descente... jusqu'à la dernière montée, 2 km avant Kaza! Et là, plus rien. Après 125 tentatives de démarrage, au kick en roulant, on conclut qu'il faudra finir la montée en poussant. Quelques grammes de graisse en moins (les motos ont beau être légères, c'est pas des vélos), on arrive en haut de la côte et on peut redescendre sur Kaza. Après le plein, ma moto marche de nouveau parfaitement. C'était donc (heureusement) le manque d'essence qui nous a causé ces problèmes, et rien d'autre.


Le lendemain matin, on repart à 6h30 en espérant que les autres ont pu réparer. Cette fois-ci, nous ne sommes pas du tout pressés, donc on en profite pour s'en mettre plein les yeux. Ce matin-là, grâce à une lumière superbe, j'ai vu parmi les plus beaux paysages de ma vie.

De retour à Losar, on retrouve le reste de l'équipe qui a trouvé quelqu'un pour effectuer la réparation (j'ai oublié de préciser que le garage nous avait donné les mauvais outils), donc tout est bien qui finit bien.



Le retour était semblable à l'aller, avec cette fois nos motos totalement domptées, donc pas la peine de s'étaler. On est finalement rentré samedi soir à Manali, ce qui nous a laissé le lendemain pour visiter les environs et se balader dans Vashisht, petit village, avec son "World Peace Cafe", sa "Ski & Snowboard School, with French and Swiss guides" et ses sources d'eau chaude. Enfin, après 15 heures de bus, on arrive lundi matin à Delhi, presque à l'heure pour les cours du matin!

dimanche 2 septembre 2007

Un bol d'air, et au charbon!

Après quelques jours de silence, me revoilà! Après les réjouissances du week-end passé, je rechute... dans les examens! Eeeeeeh oui, il y a un certain décalage horaire entre les calendriers indien et suisse... C'est actuellement les minors tests, qui comptent en gros pour un quart de la note du semestre. En fait, on est tous assez à la bourre puisque notre horloge biologique indique encore "vacances" en ce moment. Comme mes propres examens ont fini il y a à peine 6 semaines, la pression pour travailler s'est fait bien attendre pour venir. En plus, le minimum légal pour valider une matière est de 30 sur 100 : on se dit qu'il n'y a pas de quoi fouetter un chat!

Néanmoins, on peut très vite se prendre 4 sur 25 si on n'est pas prêt : ici, les épreuves ne sont en général pas faites pour que la moitié de la classe au minimum ait deux tiers des points, comme c'est le cas à l'EPFL. Il suffit donc que les notes de cours soient incomplètes et foireuses, qu'il y ait trop peu de séries d'exercices et que les bouquins soient introuvables pour se ramasser!

Je vous ai déjà dit que les Indiens étaient serviables. En voici un exemple : hier je bossais pour mon examen d'aujourd'hui et j'avais des trous dans mes notes. J'ai donc appelé un pote, Yash, pour que je puisse faire quelques photocopies des notes qu'il s'était procurées. Je l'appelle et on se donne rendez-vous. De mon côté, je m'attendais à ce qu'il me file un cahier et que je doive tout photocopier. Mais non, il me passe un dossier de 30 pages agrafé tout bien comme il faut et il me lance qu'il n'en a pas besoin et que je peux les garder. OK, sympa, mais ce n'est que le début.

Opportuniste, je lui demande s'il n'aurait pas un test de l'année passée à faire pour s'exercer. Il n'en avait pas sur le moment, mais on se met d'accord pour que je passe chez à son hostel pour le récupérer. Le soir, il m'appelle et m'annonce qu'il a envoyé un pote le déposer à la réception de mon hostel. Une demi-heure plus tard, le pote de Yash en question (qui est avec moi dans ce cours mais à qui je n'avais jamais parlé) toque à la porte pour me dire qu'il l'avait déposé. On va le chercher et il en profite pour me parler d'un deuxième livre que le prof recopie et que je n'avais pas. Je lui réponds que si ça vaut la coup, j'irais l'acheter le lendemain. Mais non, il me dit qu'il connaît des gens dans mon hostel et qu'il pourrait me trouver le bouquin. Aussitôt dit, aussitôt fait : dix minutes plus tard, il arrive avec le livre! Mais ce n'est pas encore fini.

J'avais entre temps jeté un coup d'oeil au test et je lui ai dit qu'un exercice était franchement obscur (le prof l'avait fait au tableau, mais pas très bien, comme d'hab'). Et sur le champ, il me demande de quoi écrire afin qu'il puisse faire l'exercice. Après 5 minutes, c'était limpide!

Sur le moment, j'en revenais pas et à la fin, je me sentais presque embarrassé qu'il prenne tout ce temps, alors qu'on ne se connaissait pas du tout et que je n'avais rien à lui offrir... Cerise sur le gâteau, un des exercices du livre qu'il m'a recommandé de faire est tombé cet après-midi dans le test!

Assez dit sur les études, je passe maintenant au week-end à Shimla.


Jeudi soir, après une bonne heure de rickshaw dans la circulation, on arrive à la gare de Old Delhi. Le transit et l'attente y sont apparemment importants : plein d'Indiens sont couchés par terre, à même le sol, certains en train de faire la sieste. Juste à côté, avant l'accès aux quais, il y a le """contrôle de sécurité""". En français, ce sont deux détecteurs de métaux comme dans les aéroports, à part qu'ils sont en bois. Évidemment, il y a suffisamment de place à côté pour qu'un attelage de boeufs puisse passer. Dans ma bonne conscience de touriste inoffensif, je décide quand même d'emprunter un des détecteurs. En m'approchant, je fais un peu attention : sur toutes les personnes devant moi, un voyant lumineux rouge STOP s'allume. Évidemment encore, personne ne s'arrête et les gardes ne bronchent pas. Voilà pour la sécurité à l'indienne!

Arrivés dans notre wagon Sleeper, on tombe sur un vieil Indien très sympa qui se met aux petits soins pour nous : il nous propose d'aller dans un compartiment voisin vide pour qu'on ait plus de place, il nous explique des trucs sur le trajet et notre destination etc. En montant sur ma couchette, je vois une petit boîte de nourriture et je demande à lui et un de ses amis si ça leur appartient. Ils me répondent que non et me disent de la jeter par la fenêtre. En bon Occidental, j'hésite à le faire, ce sur quoi il me la prend des mains et la balance par la fenêtre, en m'expliquant avec un grand sourire qu'ici, poubelle et fenêtre ne font qu'une! Quelques instants plus tard, son pote qui avait fini son thé me fait signe, sort la main par la fenêtre et lâche le gobelet en plastique en me disant dans un grand éclat de rire : "In India, you are free!". À voir la quantité de déchets au bord des voies, j'allais pas le contredire... Voilà pour la rubrique écolo!

On arrive à 4h45 au terminus, Kalka, ville où la largeur des voies diminue pour les trains de montagne. Malheureusement, un segment de la voie du petit tchouk-tchouk de Kalka à Shimla a été emporté 10 jours auparavant par un glissement de terrain, ce qui nous force à prendre le bus. Après quelques émotions sur la route de montagne, on arrive à Shimla. Question pente, la ville bat de loin Lausanne... On ne s'en rend pas compte, mais on est à 2200 mètres d'altitude, donc on souffle un peu pour arriver à notre hôtel en haut de la ville. Ce week-end, c'était champagne : chambres (presque) propres, télévision 25 pouces (grand format par ici!) et... eau chaude! Le tout pour 500 roupies (= 16 francs) les 2 nuits.


L'ambiance est bien différente de Delhi : l'air est frais et peu humide, il n'y a pas de moustiques, la ville est presque sans voitures à cause de la pente, donc pas de klaxons et une atmosphère carrément reposante. Shimla a été adoptée par les Britanniques en 1819 et est devenue en 1864 la capitale d'été du British Raj (la domination britannique). L'été, le gouvernement qui siégeait à Delhi ou Calcutta se déplaçait dans cette petite ville (150'000 habitants aujourd'hui) perchée sur une crête de montagne. Les maisons dans le style britannique sont encore nombreuses mais certaines sont complètement délabrées. Entre temps la vie indienne y a repris ses droits : la ville est colonisée par des singes, les petites échoppes font face aux imposantes maisons en pierre et la statue de Gandhi côtoie une église pleine de plaques commémoratives pour des soldats anglais décédés en Inde.

On s'est surtout baladé dans la ville (qui possède peu de monuments mais est très agréable) ou hors de la ville (chutes d'eau à 30 minutes d'une université qui offre un MBA (!) et un village paumé dans la vallée). Le spectacle des chutes d'eau était typiquement indien : on lève la tête pour admirer une magnifique cascade d'une soixantaine de mètres, mais dès qu'on se retourne, on voit l'accumulation des ordures en tout genre charriées par la rivière. Dans la nature elle-même, les extrêmes cohabitent... La route vers le village paumé était riche en émotions : 2h30 de bus pour faire 50 kilomètres. Ne pensez surtout pas que le chauffeur allait lentement : en dehors des arrêts, il pilotait son bus comme une voiture de rallye. Très peu de voitures nous dépassaient et le gars faisait virevolter son volant dans tous les sens dans un vacarme terrible, de quoi flanquer parfois la trouille quand le ravin est à 50 centimètres des roues... Cela dit, l'artiste maîtrisait incroyablement son bus et on ne s'est pas (trop) senti en danger. Arrivé à Tattapani (= le village paumé), on se pose et on profite du paysage. Après l'agitation d'Agra et de Delhi, ça vaut le coup!

Le dimanche, on visite le Jakhu Temple dédié à Hanuman, le dieu singe, après avoir gravi une pente assez raide. L'endroit est occupé par les singes et ces animaux n'inspirent pas du tout confiance et font parfois carrément peur. Quand tu passes devant eux, tu as l'impression qu'ils vont te sauter dessus pour t'arracher ton appareil photo. D'ailleurs, on nous a averti qu'il vaut mieux enlever ses lunettes avant d'arriver au temple. Ces animaux ont la sale habitude de grimper les touristes, de leur piquer leurs lunettes pour s'enfuir avec. Ensuite, deux options :

1) Soit le garde arrive à l'amadouer en offrant des cacahuètes en échanges des lunettes.

2) Soit, par malheur, le singe a été dressé pour les ramener à son maître à l'extérieur du site. Dans ce cas, il sera d'accord de les rendre en échange d'une dizaine de roupies.


On ne nous a pas menti : une touriste allemande a tout à coup poussé un cri. Un singe lui était monté sur le dos et lui a pris ses lunettes de soleil! Mais en échange de quelques peanuts, le singe a rendu le butin...

Dimanche, pour le retour, on a pris le petit train de montagne jusqu'à une station intermédiaire. Le trajet total fait 93 km et comporte 103 tunnels. On a fait les deux tiers du trajet en 4 heures : ça va trèèèèèès lentement mais les panoramas en valent la peine!


Ensuite, bus jusqu'à la gare et train-couchette jusqu'à Delhi. 6h15 à la gare, 7h15 au hostel, une douche et hop, à 8h en cours!

jeudi 23 août 2007

Et hop, 10 de plus!



Voilà, c'est fait! Je quitte le teenage pour vous rejoindre, sans doute, dans le club des plus de 20 ans. Plein de gens, certainement pas mal de lecteurs de ce blog, m'auront beaucoup manqué pour cet anni et auraient eu leur place pour marquer le coup. La prochaine fois, je vous paye tous le billet d'avion!! :o)

M'enfin, la fête était des plus agréables et nous étions une bonne équipe. On est allé dans un restaurant indien recommandé par Florian (étudiant suisse qui a fait l'échange EPFL-Delhi il y a 3 ans), qui était par hasard dans les parages ce jour-là. C'était excellent et on a été servi comme des rois : j'ai pas pu finir mon plat... Vous pouvez voir les photos ici. Puis les motivés ont poursuivi la soirée dans un bar, un des rares endroits proches du IIT où on peut boire une bière ou un whisky, avec pendant la semaine, pas loin d'un serveur par client par moments!

Le week-end passé était plutôt tranquille : on a visité samedi le centre de Delhi, ou plutôt un petit bout du centre de Delhi avec des Indiens. J'avais fait connaissance d'un Indien la veille, enfin quelqu'un avec lequel j'ai pu casser du sucre sur le dos du prof (qui d'ailleurs le mérite largement) pendant le cours. Quand il m'a dit qu'il habitait Delhi, j'en ai profité pour lui demander ce qu'il fallait visiter, ce sur quoi il me propose de me faire visiter le lendemain!

Là je dois faire court, la fin de la journée est plutôt chargée. Ce week-end (au sens large), départ à Shimla, station de montagne du Himachal Pradesh adoptée par les Britanniques au 19e siècle qui crevaient de chaud en été.

vendredi 17 août 2007

Agra, Taj Mahal & Co.

Voici enfin des nouvelles de mon week-end à Agra! Après 4 heures de train (pour moins de 200 km...), quelques batailles de criquet dans le wagon, on arrive à destination. A l'hôtel, j'ai la chance d'avoir la chambre climatisée. Puis vient l'éternel dilemme : ne pas dormir à cause de la chaleur, ou bien ne pas dormir à cause du bruit de tracteur en marche de la clim'. Avec Wassim (mon coloc') on opte pour le tracteur...

Le matin, bonne nouvelle : on apprend que l'entrée au Taj Mahal est gratuite toute la journée, en l'honneur du 357e anniversaire de la mort de Shah Jahan, l'empereur qui a fait construire le Taj. C'est une grande fête musulmane, donc l'endroit était bien peuplé, avec des saris de toutes les couleurs, de la musique et des processions. Je vais laisser les photos parler du monument, mais je vous raconte quand même la petite histoire : le Shah Jahan a fait construire ce mausolée en l'honneur de sa deuxième femme décédée, Mumtaz Mahal. A ce qu'il paraît, le bougre avait le coeur tellement brisé que ses cheveux sont devenus gris en une nuit. Malgré cela, il a quand même dû trouver un architecte pour faire construire ce mémorial. Vu son état, il ne voulait pas être déçu du résultat ; ainsi, la fin justifiant les moyens, il a fait tuer la fiancée de l'architecte afin que l'artiste ait les mêmes sentiments que lui! Véridique ou pas, le résultat est fabuleux.

Mais ça ne s'arrête pas là : maintenant que vous commencez à connaître le goût des grandeurs de Shah Jahan, vous aurez deviné qu'il voulait son propre mausolée, de l'autre côté de la rivière Yamuna qui borde le Taj Mahal. Mais son fils Aurangzeb, par qui il a entre temps été emprisonné dans son propre fort à Agra, n'était pas du même avis et probablement un peu plus radin que son paternel. Il a donc mis le tombeau de son père à côté de celui de Mumtaz Mahal, brisant la symétrie parfaite du mausolée...

A la sortie du Taj Mahal, je retrouve les marchands qui sont devenus mes amis avant que j'y rentre (curieusement, en 5 minutes, je suis tombé sur 2 commerçants qui avaient soit de la famille, soit une connaissance à Genève...). Après s'en être extirpé, on part pour une balade sans but dans Agra, qu'on nous a présentée comme étant une ville moche et inintéressante en dehors de ses monuments. Pourtant, on se perd dans un quartier indien très sympa. En 2 heures, on ne croise pas le moindre touriste et les marchands ne nous harponnent même pas, signe qu'on est dans un marché pour indiens. Chacun se fait néanmoins suivre par un fan club d'enfants qui ne savent dire que "Hello!" et qui demandent un peu d'argent, chose sans doute familière pour ceux qui ont déjà voyagé en Asie du Sud! Un peu plus tard, on fait connaissance avec un jeune Indien qui nous propose de nous ramener à notre hôtel. 45 minutes de marche tout de même!

Depuis le toit de notre nouvel hôtel, on a une vue très sympa sur le Taj Mahal et après quelques bières achetées dans des circonstances douteuses, on décide de se lever à 5h30 pour admirer le lever du soleil depuis l'hôtel. Après un nouveau petit dodo, on part pour le Red Fort d'Agra. La majeure partie du lieu est en pierre rouge, mais à l'époque, le tout était couvert de peintures et de dorures qui devaient rendre l'endroit sublime. Mais le guide nous répète 3-4 fois que les Britanniques ont tout brûlé en passant par là. La partie en marbre blanc, ajoutée au complexe par le même Shah Jahan, est splendide, regardez les photos!

On traverse la Yamuna pour la dernière visite : un autre mausolée, surnommé le Baby Taj. Il a beau être petit, mais il est charmant et très calme, contrairement aux rues d'Agra qui sont joyeusement désordonnées et agitées. On fait joujou avec les écureuils et on regarde les jeunes qui s'amusent comme des petits fous dans la rivière, histoire de reprendre son souffle! Le retour en rickshaw était sympa : sur le pont bourré d'ornières qui enjambe la Yamuna, le rickshaw devant nous décide de faire demi-tour et provoque un énorme bouchon et un festival de klaxons. Les boeufs qui tirent les attelages ne perdent par contre pas un iota de leur flegme... Une fois l'obstacle franchi et quelques raccourcis improbables empruntés, le chauffeur s'arrête à la mauvais gare, évidemment, et en profite pour nous faire allonger quelques roupies en plus pour arriver à bon port.

En arrivant à la (bonne) gare, on apprend qu'en fait, nos billets sont sur liste d'attente, ce qui signifie "pas de place assise!". Ainsi la majeure partie du voyage se passe debout, mais sinon, rien de plus terrible!

C'était un week-end magnifique et en revenant, je n'avais pas encore vraiment réalisé que j'avais visité le Taj Mahal, c'est une sensation assez bizarre et difficile à décrire...

Programme de ce week-end : courses, suite de la visite de Delhi et (ceux qui m'ont déjà vu nager vont rire), compétition inter-hostels de water-polo!! Eh oui, j'ai appris ce midi que j'étais gardien pour la demi-finale de demain, après UN vaillant entraînement la semaine passée......

vendredi 10 août 2007

Le démarrage

Déjà (presque) 2 semaines passées en Inde! Mon horaire s'est bien rempli et entre les achats à faire, les visites, les restos, le billard et le sport, le temps passe très vite!

La fête du 1er août etait mémorable : apres avoir écouté le discours de l'ambassadeur dans le salon surclimatisé, les cloches de la cathédrale Saint-Pierre (avec, en tant que bon G'nevois, une petite larme à l'oeil ;) ) et le discours de notre chère présidente traduit en anglais, on a passé au repas. La raclette était servie a l'extérieur par les Indiens (qui avaient l'air de trouver ça cool). Le mélange d'humidité, de température, d'orage et d'odeur de fromage fait carrément bizarre au début... mais le verre de blanc qui l'accompagnait a fait plaisir, sachant que j'en boirai pas des tonneaux cette année! Le "Minister and Deputy Head of the Mission", Olaf, était super sympa et m'a expliqué que le feu d'artifice était prepare par les jardiniers de l'ambassade et que c'était leur "susucre" de l'année (il a aussi dû prévenir l'ambassade voisine des USA qu'il y aurait des explosions, histoire qu'ils ne paniquent pas...). Évidemment, c'était pas les fêtes de Genève, mais ils l'ont tiré malgre l'orage. Les éclairs qui tranchaient le ciel en même temps que les fusées qui explosaient ont donne un goût assez spécial au spectacle!

Samedi, visite de Nehru Place, grand marché de l'informatique et l'électronique : remplisseurs de cartouches d'encre qui y vont a la seringue, disques durs et cartes mères posees un peu pêle-mêle par terre, pas mal de mendiants à cause de la fréquentation du lieu, ça change des centres commerciaux suisses! Ensuite, visite du Temple de Lotus, qui est une maison d'adoration "baha'ie". C'est une religion "universelle" dont personne n'avait jamais entendu parler. Les jeunes "volunteers" très sympathiques nous ont expliqué les principes (p.ex. "toutes les religions écrivent les pages d'un même livre") et je me demande toujours comment ils se sont payés un truc pareil (architecture en forme de fleur de Lotus, qui rappelle l'opéra de Sydney)!


Dimanche, visite de Old Delhi. Les marchés y sont bien plus touristiques que ceux que l'on trouve autour de l'IIT. Le décor est vraiment sympa : rues étroites, habits et tissus colorés, enseignes qui se superposent dans tous les sens, vendeurs d'articles plus ou moins utiles dans la rue (des fausses ceintures italiennes aux fausses barbes et moustaches, en passant par les hélicopteres en plastique). On se fait évidemment beaucoup aborder par les vendeurs, qui parfois deviennent franchement collants (bien plus que dans les marchés plus locaux). This is India! On traverse Chandni Chowk, apparemment passage obligé pour les touristes et marché-modèle indien. Ce n'est pas si different des autres marchés ; en revanche, on se fait très bien accueillir au temple Sikh, ou il faut se déchausser et se couvrir la tête. Au moment de sortir, c'etait l'heure de la prière, donc il a fallu attendre la fin pendant 10 minutes pour que les dames nous rendent nos chaussures!

Au bout d'un moment, on a décidé de fuir les rues touristiques pour s'enfoncer dans les minuscules rues résidentielles de Old Delhi. L'ambiance y est très calme, loin des klaxons et des vendeurs à la sauvette. Apres quelques minutes de balade, une famille nous propose d'entrer chez eux pour discuter un moment. Le père et la mère ont 3 enfants et habitent dans 10 mètres carres à tout casser. Le père relie des documents pour l'administration (il nous a sorti un registre de crimes de Delhi!), la femme reste apparemment au foyer et 2 des enfants vont a l'école. Le confort est évidemment minimal et ils étaient clairement pauvres. Le père parlait au plus quelques dizaines de mots d'anglais, sa femme quelques uns, mais suffisamment pour pouvoir parler de nous pendant une heure. On nous a servi le thé a l'indienne (avec du lait et pas mal de sucre, délicieux!), ils nous ont appris des mots hindi et nous ont écrit nos prénoms dans l'alphabet Devanagari (que le hindi a hérité du Sanskrit). Le moment etait très agreable car ils n'attendaient rien de nous. Pendant cette brève heure, on n'était plus les vaches à lait dont les commercants essaient de profiter, mais simplement des étrangers avec lesquels on peut partager un bout de la journée. Après notre départ, on a été acheter crayons et chocolats pour les enfants, ils l'ont bien mérité!

Cet après-midi, départ pour un week-end à Agra!

mercredi 1 août 2007

Sur nos monts, quand le soleil, ...

Joyeux premier aout a tout le monde! Ce soir, repas a l'ambassade de Suisse avec 2 autres etudiants suisses en SIE (environnement), en esperant qu'on soit admis bien qu'on ne soit pas enregistres!

Maintenant j'y vais dans l'ordre. Samedi soir, apres l'accueil a l'aeroport, premiere experience : le trajet en voiture a travers la ville. Ceux qui connaissent le Maghreb ou qui ont fait du tourisme au Caire ou en Inde sauront de quoi je parle : de nombreux codes qu'on connait en Suisse - clignotant, pas de depassements a droite, lignes continues... - sont remplaces par un simple instrument : le klaxon. Vous l'aurez compris, il ne sert pas a engueuler la voiture qui ne part pas au feu ou celui qui a manque de nous rentrer dedans, mais a dire "Coucouuuu, chuis laaaaa!" ou "Pousse toi d'la, j'passe!". Et en fait, ce n'etait qu'un echauffement par rapport a la premiere course en rickshaw (il faudra patienter pour les photos)...

A l'arrivee dans le Guest House du IIT, je me suis dit : "waow, c'est pas le grand luxe ici!". Mais c'etait correct (c'est surtout la salle de bain ou il faut de deshabituer aux installations suisses) et en plus il y avait la clim' ! Pour ceux qui ne l'ont pas lu, la meteo est... hum... choooode : autour de 38 degres avec (surtout) 50% d'humidite. Donc transpiration et minimum 3 litres d'eau par jour!

Un de mes colocs des premiers jours (devenu coloc' tout court) est francais et etait deja en contact avec d'autres francais(es), donc apres s'etre repose l'apres-midi, on s'est donne rendez-vous pour aller manger au resto. Deux personnes nous attendaient, puis 3 de plus sont arrivees, puis 2 de plus puis 4 de plus! A la fin on etait 13 : un et une Suisse de l'EPFL et des Francais. Le resto ou on est alle (Indien du Sud) est typiquement celui dont on sort content : suffisamment rempli, bonne nourriture, excellentes boissons (the indien et lassis, mmmhhhh), bonne ambiance et pas trop cher (environ 2 euros) ! :o) Je suis donc loin d'etre seul, ce qui ne laisse pas de place pour un coup de blues!

La rentree est un - petit - parcours du combattant administratif, pas mal de paperasse a remplir et je suis loin d'avoir fini; il a fallu attendre mardi pour toucher mes premieres roupies (apres 4 jours, 3 tentatives et 45 minutes pour faire le change). J'ai entre temps demenage en direction du hostel (= residence) ou sont loges les etudiants francophones. Ce sont des chambres a deux llits dont le confort est franchement rudimentaire, il faut acheter matelas, oreiller, literie, seau, coupelle, boite a savon pour la douche a l'indienne, mais c'est convenable.

Je n'ai ete qu'a deux cours jusqu'ici. L'anglais des profs est franchement difficile a comprendre, le bruit des (indispensables) ventilateurs n'arrange rien et le tableau noir est franchement petit, donc va falloir se mettre devant! J'attends une semaine pour me faire une idee plus precise.
Les etudiants indiens sont cordiaux, tres accessibles, forcement curieux, mais aussi tres serviables : des voisins m'ont promis qu'ils demanderaient a des connaissances de venir rafistoler les prises internet de ma chambre, qui malheureusement ne fonctionnent pas.

Merci a ceux qui sont arrives jusqu'ici! J'en ai assez dit pour cette fois et je m'etendrai plus sur certains points dans quelques jours, peut-etre meme avec les accents!

dimanche 29 juillet 2007

Le grand jour!

Ce qui paraissait si lointain il y a quelques jours encore est devenu réalité! Après les préparatifs et les adieux, après ce long voyage, je suis arrivé à Delhi. Première bouffée d'humidité en sortant de l'avion : il faisait 31 degrés sur le tarmac. Deuxième bouffée, moins agréable, en arrivant sur le parking de l'aéroport rempli de voitures.

J'ai été accueilli par deux personnes du IIT et je passe mes deux premières nuits au Guest House, en attendant qu'on me donne une place dans un hostel (= résidence pour les étudiants). On m'a mis dans une chambre avec deux autres étudiants en échange, un franco-syrien et un indonésien. Là il est 22 heures en Suisse et 1h30 ici, et je profite de mon petit jet lag et du wifi (ouf!!!) pour écrire ce message!

Aujourd'hui je fais court mais plus d'impressions suivront après la rentrée.

lundi 23 juillet 2007

La dernière ligne droite

Demain, dernier examen avant les "vacances"! C'est-à-dire le déménagement, l'inspection, les courses, les réglages de problèmes bancaires, les achats restants, les bagages, l'élaboration d'un budget et... les dernières fêtes helvétiques!

Une fois que j'aurai rangé, je photographierai ma chambre, histoire de comparer les conforts vaudois et indiens.

dimanche 1 juillet 2007

Le coin des matheux

(Edité le 1e septembre 2007)

Un petit libellé pour mes amis et collègues matheux (ou physiciens :o) ) ne sera pas de trop!
Voici les cours que je prends ce semestre :
  • Partial Differential Equations
  • Differential Equations
  • Stochastic of Finance
  • Topology and Functional Analysis
  • SHS : Sociology of India
Avec en plus un projet sur la théorie de la mesure et l'intégrale de Lebesgue!

Et voilàààààààà !

Me voilà enfin sur le net! Comme ça, promis, je vous assomerai pas à coup de mails de 5 pages et vous pourrez venir lire mes péripéties indo-delhiotes (? ...) quand ça vous chantera!

En ce moment c'est les révisions, les journées sont longues, mais j'aurai fait quelque chose d'utile ce soir!