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mercredi 11 juin 2008

Vers les sources du Gange

Après un retour éclair par la case Delhi et le départ d'Ivo, je suis parti pour 2 semaines dans l'Uttaranchal, état montagneux aux nombreux lieux saints. Je suis d'abord passé par Rishikesh pour 2 jours, mais je vous parlerai plus tard de cette ville! La prochaine étape était Gangotri, ville à 3000m où se situe un temple qui marque la source spirituelle du Gange. Gange, Inde, hindouisme, été..... oui, vous commencez à deviner : je n'étais pas seul sur la route ! Chaque été, des dizaines de milliers de "touristes" partent pour un pèlerinage passant par 4 temples situés aux sources de 4 rivières sacrées. La plupart font chemin en bus ou en jeep, néanmoins quelques saddhus font tout le chemin à pied!

La vallée du Gange, encore tout jeune

Je suis arrivé sans encombres à Gangotri, après avoir rencontré de sympathiques anglophones dans la jeep. Ces derniers m'ont accompagné pour le trek en direction du glacier d'où sort le Gange. Heureusement, relativement peu de pèlerins font ce chemin, tous les autres se contentant d'une visite au temple. Pour le reste, je laisserai les photos parler!

Derrière, le glacier de Gaumukh


Hum, sauf pour une chose : on a fait une escapade vers un plateau au-dessus d'un glacier. Y vit un saddhu qui est en retraite depuis 15 ans dans la région (été comme hiver)! Le saint bonhomme nous a servi du thé et à manger, je lui en suis très reconnaissant, mais il nous a demandé en échange d'une donation (ça c'est normal)...... plus élevée que le salaire du guide qu'on a pris pour la journée! Après on l'a laissé à sa méditation...

La source du Gange

mardi 10 juin 2008

Darjeeling

Après notre séjour montagnard au Sikkim, une étape s'imposait avant le retour à Delhi. Marion ayant un programme différent, Ivo et moi sommes partis vers Darjeeling, ville de montagne et de station de vacances, située au Bengale occidental et mondialement célèbre pour son fin breuvage. Darjeeling, un peu comme le Sikkim, est bien différente du reste de l'Inde : beaucoup d'habitants sont d'origine népalaise et les réfugiés du Tibet forment également une partie de la population. L'ambiance est sympa : les locaux dans les magasins, les restaurants ou dans la rue sont sympathiques, plus courtois et parlent plutôt bien anglais. En marchant, on échange et reçoit des sourires gratuits plus facilement qu'ailleurs. On voit aussi plus de femmes, soit qui font simplement les courses, soit qui tiennent leur petit business, stand de nourriture ou autre (typiquement on ne voit pas ça a Delhi).

Aussi gentils soient-ils, les gens de Darjeeling ont du caractère, et pas n'importe lequel : le caractère indépendantiste. En gros, ils se plaignent de discrimination et de négligence causée par les Bengalis et donc militent pour la création d'un état séparé au doux nom, j'ai nomme le "Gorkhaland". Au menu, des grèves générales, des routes bloquées et mêmes des assassinats politiques il y a quelques années.

Voici un apercu en images :
Une partie de la ville

Rue marchande

Plantation de thé

Cours de cuisine (préparation de momos)

Salon de thé de l'hôtel le plus classe de Darjeeling!

mercredi 28 mai 2008

Le Kangchendzonga trek...

... c'est marcher pendant 8 jours pour atteindre un col, le Goecha La, qui est censé offrir des vues sensationnelles du Kangchendzonga, matricule numéro 3 des montagnes les plus hautes.


... c'est d'abord aller en compagnie d'Ivo et Marion à Gangtok, la minuscule capitale du Sikkim, minuscule état coincé entre le Népal, le Tibet et le Bhoutan. Car zone frontalière oblige, il faut des permis et la solution la plus pratique est de passer par une agence sur place.

gauche à droite : porteur, ami de notre guide, guide, horseman, cuisinier

... c'est aussi faire vivre tout un petit monde pendant 8 jours. L'arrangement habituel avec une agence comprend un guide, un porteur, un cuisinier, un horseman et 3 chevaux, rien que ça! En plus de faire tourner l'économie locale, ça permet d'avoir un excellent repas trois fois par jour grâce à notre excellent cuisinier et de voyager dans un confort relatif : matelas de camping d'un centimètre d'épaisseur qui casse le dos, mais seulement les affaires personnelles à porter pendant la journée!


... c'est partir à 1800m et admirer la végétation et ses changements, de la jungle touffue et humide, remplie de fougères, bambous et lianes, jusqu'à une zone quasiment sans vie, avec au plus quelques brins d'herbes, des mousses, surtout de la neige - et quelques oiseaux qui ont eu l'étrange idée d'aller vivre là haut!


... c'est se coucher à 20h pour se lever vers 6h en général. Ou plutôt vers 4h lorsqu'on veut voir le lever du soleil. Et carrément à 2h30 lors de la grande étape!


... c'est espérer que personne n'aura le mal des montagnes. C'est aussi respirer de l'air de plus en plus fin et sentir son coeur battre à fond pour un effort qui était raisonnable la veille.


... c'est passer des après-midi entières après à la marche, à ne rien faire, à passer le temps comme on peut, à coup de discussions, d'énigmes, puis avec un jeu de carte à moitié complet qu'on a trouvé parsemé autour d'un campement. Au dessus de 4000m, c'est passer une bonne partie de ce temps emmitouflé dans son sac de couchage à cause du froid de canard ambiant.


... c'est complètement exulter une fois arrivé au col, devant ce panorama bleu-blanc-noir à couper le souffle. C'est une impression qui dépasse les mots.


... c'est top!

Souvenirs du Népal

Mieux vaut tard que jamais, j'écris quelques souvenirs de mon voyage en mars au Népal. Le menu était : 3-4 jours de marche dans la région de Pokhara, puis une visite de Kathmandou et ses alentours.

Après un très long voyage, dont un pot-de-vin pour l'officier indien à la frontière qui se fait régulièrement remplir la poche par les porteurs de visa d'étudiants, je suis arrivé à Pokhara où m'ont rejoint un peu plus tard mes 2 compagnons de voyage, Cyril et Frédéric (pas le Frédéric du "mariage", un autre!). La première impression de ce pays était plus que positive : les gens sont globalement plus sympas et souriants, et les marchands sont moins ostensiblement intéressés par le portefeuille du client que leurs collègues indiens. L'atmosphère des magasins est plus relâchée et la conversation est plus facile!

Petit plaisir à Pokhara : un vrai steak!!

Pokhara est le tremplin pour le massif de l'Annapurna, un des "8000" de cette planète. C'est aussi le paradis du shopping pas cher pour l'équipement de montagne. On ne compte même pas les magasins vendant des vestes North Face et des coupe-vent Mammut, tous faux évidemment, mais les occasions valent largement la peine!

Vue sur les montagnes depuis une pagode


Nous avons marché 3 jours et demi dans l'"Annapurna Conservation Area Project". L'entrée est payante et l'argent paraît très bien réinvesti : les chemins sont en excellent état, les villages fraîchement peints et les maisons solides. La zone accueille des visiteurs par milliers. En conséquence, on y trouve tout ce qu'il faut : des guest houses à intervalles réguliers, des spaghettis carbonara au resto, du apple pie pour le goûter, des bières pour fêter la fin de la journée et bien entendu la gamme des soft drinks. Les guides népalais ont donc affublé le tour de l'Annapurna du nom "Coca-Cola trek"! Mais nous étions prévenu, donc pas de mauvaise surprise, et le plus important était là : des paysages merveilleux et une météo quasi parfaite.

1er jour : on vient de quelque part là au fond!


Comme on avait peu de temps à disposition, il fallait beaucoup marcher, donc le premier jour était bien rude, avec 2000m d'ascension. En altitude, la grande surprise était les rhododendrons. De très nombreux arbres étaient en fleurs, certains d'entre eux dépassant la dizaine de mètres. Les teintes variaient en fonction de l'altitude du blanc au rouge en passant par le rose. Le matin du second jour m'a offert un des plus beaux levers de soleil qui m'aient été donné. Après un lever matinal, on a assisté au spectacle en compagnie d'une bonne centaine d'autres marcheurs... La vue sur le Dhaulagiri, autre membre du club des 8000 était particulièrement magnifique.

Le Dhaulagiri

L'équipe

Le reste du trek nous a offert d'autres belles vues, avec sur la fin de très méchantes courbatures pour l'apprenti sorcier que je suis et qui courait plutôt que de marcher dans les descentes! Ces mêmes courbatures m'ont suivi jusqu'à Kathmandou...

Rhododendrons + Annapurna

Kathmandou, la capitale, est une grande ville avec un quartier touristique, hum... hypertouristique! Je n'avais jamais vu autant d'hôtels entassés les uns sur les autres. Ayant passé quelques mois en Inde auparavant, je pensais que les rues indiennes étaient les plus peuplées de temples et autres éléments religieux. Lourde erreur! A chaque coin de rue et dans chaque cour intérieure se cache un temple hindou, une stupa bouddhiste ou une simple statue de Ganesh!

Durbar Square de Kathmandou

Aux alentours, nous avons visité Bodnath, qui abrite la plus grande stupa du monde, et Patan, où se trouve entre autres un musée génial sur l'hindouisme et le bouddhisme au Népal. Ne le manquez pas si vous passez par là!

Stupa de Bodhnath

Sur ce, l'aventure s'est achevée, avec la même pensée en tête que celle qui nous hantait dès le début du trek : que fera-t-on lors du prochain voyage au Népal?

mercredi 2 avril 2008

Au Gujarat en famille

Allez hop! Je remets mon blog en selle pour cette fin d'année scolaire indienne qui se rapproche, imminente. Au mois de février, j'ai eu le plaisir d'emmener ma soeur pendant 2 semaines en vacances. Au menu, Delhi, Udaipur (au Rajasthan), un aperçu du Gujarat pour nous deux, puis Agra pour ma soeur. But de l'opération : montrer une autre Inde un peu différente de celle du parcours habituel, j'ai nommé le fameux triangle d'or Delhi - Jaipur - Agra, et tout en rendant le séjour plus reposant que d'habitude, car le besoin de repos n'est pas le même pour tous!

Alors oui, mais quelle autre Inde? Par exemple en visitant un marché d'une banlieue de Delhi, fréquenté uniquement par les locaux et où l'on entend plus résonner les éternels "Hello my friend, you want rickshaw?" ou les "Excuse me, yes, nice shawls!". Ou bien en visitant le Gujarat, cet état de l'Est de l'Inde, touchant à la fois l'océan Indien et le Pakistan et qui n'attire pas les hordes de touristes faisant le tour du Rajasthan voisin.

Un bout d'autre Inde : petit port à Diu

La ville de Palitana s'y trouve, petite, avec à peine quelques bouis-bouis ouverts le soir, encore moins d'hôtels, l'air lugubre le soir. Mais au lever du soleil, de nombreux pèlerins convergent vers une colline voisine pour grimper les 3600 marches menant à son sommet. Perché en haut de la butte se trouve un complexe de plus de 800 temples, qui forment un lieu saint du jaïnisme. Cette religion, minoritaire en Inde, cultive la non-violence à l'extrême, envers tous les êtres vivants, et vénère la poignée d'humains qui est parvenue à sortir du cycle des réincarnations. Ainsi tous les nettoyeurs du temple et de nombreux fidèles sont affublés d'un foulard enroulé autour de la bouche, afin d'éviter d'avaler des insectes...


Prochaine étape, Diu. Petite île à quelques centaines de mètres à peine de la côte, ancienne colonie portugaise, où on recherche activement l'inactivité : les siestes, lézarder sur une plage vide, ne pas mettre de réveil le matin, manger sans horaire. Pendant les quelques phases d'activité, on bougeait en petite pétrolette pour visiter la ville, jeter un coup d'oeil à un village de pêcheur, ou bien faire un petit tour de l'île. Puis re-dodo et re-farniente... La belle vie!

Les cheveux au vent sur deux roues!



Au menu des lieux plus courus par les Occidentaux, on est allé à Udaipur, ville de maharajas avec son palais, son lac et l'hôtel en son milieu, théâtre du James Bond "Octopussy" que la plupart des (autres) hôtels diffusent tous les jours. A proximité on a également vu un fort, fort vieux mais dans un paysage magnifique, et un temple, encore un me direz-vous, mais probablement le plus beau que j'aie vu dans ce continent. Pour ma soeur, conclusion par l'inévitable et magnifique Agra!

Le lac, avec le Lake Palace et le City Palace

Et pour nous deux, l'occasion de partager nos diverses expériences, d'échanger les sentiments sur le quotidien suisse ou indien et de prendre des nouvelles de tout le monde, tout ça d'une façon moins lapidaire que par e-mail! Ah, j'oubliais, encore un merci à ma chère Lise pour la hotte de Mère Noël qu'elle m'a rapporté! :o)

mercredi 5 mars 2008

Amritsar

Fin janvier, je suis parti avec Isa et Majka à Amritsar dans le Punjab, le temps d'un petit week-end au format classique : 2 nuits dans le train, avant le samedi et après le dimanche. Ce qui attire le touriste dans cette ville au nom bizarre, c'est le Temple d'Or, lieu très saint du sikhisme.


Sikhisme, kézako? C'est une religion suivie par à peine deux pourcents des Indiens et dont les fidèles (au masculin) doivent porter un turban qui les rend facilement reconnaissables (la plupart des Indiens ne portent pas de turban, c'est une idée reçue!). Cette religion a été fondée par un certain Guru Nanak au 15e siècle. Ce dernier a pas mal voyagé et a repris des éléments de l'hindouisme et de l'islam, afin d'en garder le meilleur. Donc entre autres, ni jeûne, ni ascétisme, ni idolâtrie, ni clergé.

Les Sikhs (mâles toujours) ont 5 obligations à remplir : ne pas couper les cheveux ni la barbe, porter en permanence un peigne, se vêtir d'un sous-vêtement spécial, porter un couteau ou un sabre, et porter un bracelet en acier. L'honnêteté est au centre de cette religion, ce qui en fait des interlocuteurs priviligiés, tant pour demander son chemin quand on est paumé que pour faire du business. Voilà qui explique en partie pourquoi cette communauté est prospère.

Marques de balles au parc-mémorial

Malgré la réussite actuelle, l'histoire des Sikhs est sanglante et très dure : leur sang a coulé de nombreuses fois, en combattant l'envahisseur musulman, les Britanniques et les chars envoyés par Indira Gandhi. Ainsi, un parc dans la ville commémore la mort de 2000 Indiens tués ou blessés par les British alors qu'ils manifestaient pacifiquement.

La plonge de la cantine

En deux mots, le Temple d'Or est sublime, propre et brillant de partout, l'ambiance avec les chants ininterrompus y est à la fois chaleureuse et très relaxante, l'accueil dans le dortoir est certes basique mais très bien (c'est gratuit, à une donation près), la nourriture de la cantine est bonne, bien qu'ils y servent 10'000 repas par jour.

Wagah Border

Dernière curiosité et must-see de la région : la cérémonie quotidienne de fermeture de la frontière indo-pakistanaise. En plus, jour de la Rébulique oblige, l'ambiance était très forte! Vu la diversité des réactions, je vous livre simplement une vidéo. A vous de vous faire votre opinion! :)

dimanche 3 février 2008

La pierre, la paresse et le paradoxe

Comme promis, voici quelques mots (moins cette fois :) ) sur mes fins de vacances d'hiver.

Hampi, petit village dans le Karnataka, est l'ancienne capitale d'un empire qui croulait autrefois sous l'or, mais renversé il y a près de 500 ans. Les ruines sont omniprésentes et le décor rocheux est incroyable. C'est maintenant essentiellement une station touristique, le village a perdu de son authenticité et a maintenant ce vernis touristique qui rend les promenades dans les rues moins intéressantes. Mais les ruines valent largement le détour et il faut des vacances entières pour toutes les voir (les archéologues n'y ont pas fini leur boulot!). Re-mais, l'attrait irrésistible du lieu se trouve dans la nature. Juste la nature. Le décor est incroyable, je n'avais jamais imaginé que quelque part, Dame Nature s'était amusée à saupoudrer d'immenses blocs de pierre à perte de vue. Si bien que l'endroit est étendu, trop étendu pour trois jours et qu'on rêve d'y retourner aussitôt qu'on l'a quitté.


Ensuite, route pour Goa. Goa, petit état à 600 km au Sud de Mumbai, est la Mecque de la fête en Inde. Des gens des quatre coins de l'Inde et du monde y convergent pour fêter le nouvel An. En entendant ça, on se fait tout plein d'images : on croit arriver sur la Côte d'Azur, avec des plages blindées de chaises longues, de parasols et de touristes. Et bien oui et non.


Pour nous, non. Agonda Beach, où j'échouai avec Wassim et Sophie, est un véritable océan de calme. La plage est presque vide. On dort dans des huttes à 10 mètres de la plage et seul le bruit des vagues y berce le sommeil. Tout simplement, l'endroit de rêve pour ne rien faire après avoir tant fait. L'endroit où on se dit, couché sur la plage, qu'on va y revenir à 30 ans avec un petit pécule pour ouvrir une guesthouse dans un coin paumé et se la couler douce.


Mais trêve d'inactivité, il est 16h, c'est le 31 et il faut se bouger pour le réveillon. Aussitôt dit, aussitôt fait : on passe 6 heures dans les transports, à travers 3 bus et une jeep, pour rallier Baga Beach, du côté Côte d'Azur de Goa. Sur la plage, c'est la folie, des milliers de gens à droite, des milliers à gauche ; des centaines de feu d'artifices à droite, autant à gauche. Et dans cette atmosphère électrique, 2007, si intense nous file déjà entre les doigts et cède la place à 2008, pleine de promesses.


Puisqu'on aime ça et qu'on en a besoin, on se prescrit un jour de farniente de plus avant d'attaquer la dernière étape, Mumbai. 16 millions d'habitants. 8 millions dans des bidonvilles, il paraît. Mais on la voit peu, cette moitié, refoulée hors du centre, qui se laisse juste apercevoir depuis le train. Mumbai, ville des contrastes : un hôtel hyper-luxueux, une université dans le style British qui jouxte un quartier populaire grouillant de vie ; une promenade bien entretenue sur la rive, une plage, aussi ; des rues, très nombreuses, avec des immeubles délabrés, noirs, jamais rénovés ; des immeubles à nouveau, mais cette fois presque des gratte-ciels ; des quartiers chics avec de belles voitures et des parcs bien entretenus ; des odeurs, plein d'odeurs, et un air saturé ; ni vaches ni de rickshaws au centre ville ; le cinéma le plus cher qu'on ait vu ; mais encore, toujours, cette moitié qu'on ne voit pas, mais qu'on oublie pas.